Elisa-Douces et Sauvages

Se reconnecter à la nature : c’est ce que nous offre Élisa, d’abord à travers ses infusions « Douces et Sauvages ». Soigneuses compositions où chaque plante, cueillie à la main, sélectionnée et séchée, joue sa partition à la perfection.

Puis à travers les ateliers pour enfants et adultes qu’elle anime quand les beaux jours reviennent, pour faire (re)découvrir la beauté et les bienfaits des plantes.

Douces et Sauvages
Crédit photo : poin.gcom

De beaux jours, nous en étions encore loin lorsque je retrouve Élisa sur son exploitation agricole.

De dos, elle est agenouillée pour mettre en terre ses plants.

Son téléphone en haut-parleur lui partage les dernières informations.

Face à ce ciel gris et chargé de pluie, Élisa est ravie. Les plants vont s’enraciner plus facilement et sa parcelle se couvrira bientôt de couleurs et d’odeurs.

Nous arpentons son terrain de jeu à ciel ouvert.

À gauche s’étendent les allées de plantations ; à droite se trouve le jardin des sens où elle mène ses expérimentations florales.

Le tunnel, dressé par une douzaine de bénévoles, sépare les deux portions de terrain.

C’est là que nous nous installons pour discuter, au rythme des gouttes de pluie qui rebondissent sur la bâche.

Transmettre le savoir des plantes, une tradition diluée avec le temps

Très tôt dans notre discussion, je comprends que la transmission est ce qui anime Élisa.

Elle me parle d’abord de sa maman et de leurs promenades dans la nature, un herbier à la main.

Puis de sa tante, qui lui partage sa passion pour les plantes, les roses surtout.

Élisa compose ses premières tisanes dans son coin, tandis qu’elle travaille en crèche. Elle nourrit sa curiosité avec tout ce qui lui permet d’exercer au mieux son métier dans la petite enfance.

Cependant, la réalité ne lui permet pas de mettre en œuvre tout ce qu’elle a appris.

J’ai adoré ce métier mais j’étais arrivée au bout. J’étais frustrée de ne pas mettre en pratique tout le savoir que j’avais engrangé sur le développement de l’enfant.

Je ne sais pas vous, mais pour moi chaque changement, aussi infime soit-il, fait l’objet d’une stratégie millimétrée.

Je pèse le pour et le contre, je demande des avis, je me colle des migraines à force de rechercher des informations sur les internets, j’essaie de mesurer le risque, j’appelle ma banquière, je calcule l’hypoténuse de la racine carrée de l’angle droit, je fais des tableaux croisés dynamiques (c’est faux, je ne sais pas le faire) et enfin, enfin : je change d’opérateur téléphonique, les yeux à moitié fermés et en faisant une petite prière.

Bon, clairement Élisa n’est pas du tout sur la même logique.

“Je suis passionnée par le monde des plantes et j’adore apprendre. Alors je me suis lancée dedans, tout simplement.”

Pourtant, l’idée de proposer ses infusions au grand public n’est pas arrivée tout de suite.

“La transmission est très importante pour moi. À l’origine, je souhaitais cultiver quelques plantes pour créer un jardin pédagogique et proposer uniquement des ateliers.”

Or, suite à sa formation, la partie agricole prend plus de place que prévu.

Après avoir passé le BP REA (Brevet Professionnel Responsable d’Entreprise Agricole), Élisa effectue de nombreux stages, durant lesquels elle apprend beaucoup auprès d’agriculteurs chevronnés, et continue à lire tout ce qu’elle peut sur le sujet.

C’est durant son année de formation à l’école lyonnaise des plantes qu’elle a le déclic. Elle y découvre les vertus des plantes et les bienfaits pour le corps.

Élisa renoue alors avec une tradition qui s’est diluée avec le temps et qu’elle s’applique à raviver lors de ses ateliers : la transmission du savoir des plantes, qui se faisait alors au fil des générations.

Crédit photo : Douces et Sauvages

Des infusions porteuses d’histoires

Si Élisa partage volontiers ses connaissances sur les plantes et leurs vertus, le goût et l’histoire liée à la création de l’infusion restent sa priorité.

“Je ne suis pas herboriste. Lorsque je conçois une infusion, le goût prime sur les vertus.”

À l’instar d’Isatis, née d’un souvenir et d’une légende qui l’a fascinée.

Le souvenir d’abord, avec une couleur qui frappe souvent à sa mémoire. Un bleu outre-mer très foncé que son père utilisait en peinture.

La légende ensuite, des guerriers celtes qui se seraient peint le corps en bleu afin de donner une peur bleue à leurs ennemis.

La conjugaison des deux donne alors naissance à Isatis, du nom de la plante Isatis Tinctoria, cultivée pour ses vertus médicinales et la teinte bleue extraites de ses feuilles.

Une tisane puissante et riche qui allie menthe poivrée, ortie, romarin et bleuet, pour traduire l’énergie et la force.

Alors que la plupart des tisanes se composent de plantes broyées, Élisa les conserve intactes, après les avoir cultivées (en bio bien sûr), cueillies à la main, séchées puis triées.

“Je souhaitais proposer des infusions avec des plantes entières pour que l’on se connecte directement à la nature.”

Crédit photo : poin.gcom

Croire en son projet et s’entourer des bonnes personnes

Alors que je discute avec Élisa, je découvre bien plus qu’une amoureuse de la nature.

Derrière ses lunettes, son grand sourire et la douceur qu’elle émane, se cache une battante, une femme dotée d’une foi inébranlable en son idée. La conviction que son projet va marcher, doit marcher.

“Avec le recul, je me demande parfois comment j’ai pu me lancer dedans. Le soutien de ma mère et de ma tante a été précieux. C’est sans doute ce qui m’a aidée à sauter dans le vide plus facilement.”

Et pour cela, Élisa a puisé en elle des ressources qu’elle ne soupçonnait pas.

Pas de terrain disponible ? Elle n’hésite pas à frapper à toutes les portes, plusieurs fois même, jusqu’à ce qu’elle obtienne gain de cause.

“Je ne sais pas où j’ai tiré cette énergie, si ce n’est dans la passion et la réussite du projet. Cela m’a vraiment portée, au-delà de mon tempérament.”

Bien sûr, durant sa formation et sur le terrain, Élisa mesure les coûts qu’engendre une exploitation agricole et chiffre son projet avec précision. D’autant qu’elle entraîne son mari et leurs deux enfants dans cette aventure.

“L’agriculture prend énormément de temps, d’énergie et financièrement, c’est parfois compliqué. J’ai eu envie de baisser les bras à plusieurs reprises mais je me suis toujours dit “ça va marcher”.”

Comptabilité, gestion administrative, communication, présence sur les marchés et en boutiques : Élisa mène son entreprise seule et contrairement aux clichés liés au métier agricole, elle est loin de passer toutes ses journées en extérieur.
Sans compter les caprices de la météo, la fatigue physique.

Mais pour rien au monde elle ne reviendrait en arrière.

“Bien sûr c’est très prenant et il faut se dépasser sans cesse.
Mais quelle que soit son activité, il faut y croire sans relâche.”

Y croire. Ne pas faire concession, encore moins envisager un plan B.

Lorsqu’Élisa me partage la fierté de son fils à distribuer des flyers pour faire la promotion de ses ateliers, ou les « tisanes » que sa fille invente durant la récréation, je me dis que sa pugnacité a payé et son devoir de transmission est accompli avec succès.

Crédit photo : Douces et Sauvages

Si Élisa était…

  • Un livre : Cueilleur d’essences, Dominique Roques
  • Un lieu : un coin d’Italie, entre Sienne et Florence, ou la Bretagne pour son aspect sauvage et les bords de mer
  • Un parfum : la menthe qui ramène à l’enfance avec les bonbons et les glaces à la menthe

Pour découvrir son travail et les différents événements auxquels elle participera :

Où retrouver les tisanes Douces et Sauvages :

Sur son site : Douces et Sauvages

En boutique :

Beaugency :

  • Vric à Vrac
  • La Bouchée

Cléry Saint André :

  • Ferme des champs Moreau
  • Ambroisie Coiffure

Jouy le Potier :

  • Le Champ des possibles

La Ferté Saint Aubin :

  • Le Bistrot Fertois

Ligny le Ribault :

  • Ranch des Roves
  • Fleuriste

Mer :

  • Nina Even Design

Meung sur Loire :

  • Terra’Vrac
  • Château
  • Passage insolite

Orléans :

  • Boutique Curiosités
  • Chloé Céramique

Patay :

  • Le Champ de la Butte

Saint Cyr en Val :

  • Zou la galinette

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