Écoutez vos enfants, vos petits-enfants, ces petits êtres encore pleins de rêves.
Quand ils vous les partagent, ne détournez pas la conversation.
Ne levez pas les yeux au ciel.
Prenez-les au sérieux. Aidez-les à cheminer vers ce rêve. Essayer, c’est déjà réussir.
Apprenez-leur les vertus de l’échec au lieu de le condamner, d’en avoir honte.
Quelques années plus tard, cela donnera un adulte épanoui, qui se réveillera chaque matin en savourant sa chance d’avoir réalisé son rêve.
Comme Lucie, qui nous partage son histoire.
Quand je rejoins Lucie chez elle, la brume couvre encore les champs.
De la cuisine, je vois l’extrémité du terrain et la petite forêt où se déroulent les séances d’équicoaching.
Puis il y a un grand enclos, vide le jour de ma visite. Et enfin le jardin, terrain de jeux des enfants signalé par le toboggan ; de Bulma, la chienne border collie croisée berger allemand ; et de L’âme ce matin-là, la jument de Lucie.
Il y a également Bella la ponette (promis ce mot existe), premier équidé à avoir rejoint la famille, Lollipop, Lucky et enfin la doyenne Kyrielle, 28 ans et “ qui pète le feu ”, dixit Lucie.
Mais comment en vient-on à ouvrir ses volets tous les matins pour trouver à sa fenêtre ses juments et poneys et démarrer sa journée avec cette chaleur dans le creux du ventre, cette fierté de se dire : je l’ai fait ?
Venez, on rembobine.

Révéler le meilleur de soi grâce au cheval
Issues d’une famille d’ouvriers, Lucie et sa sœur ont grandi avec des parents engagés pour les droits des travailleurs, des immigrés et des femmes.
“ Petite, je me souviens de mon père qui allait dormir à la cathédrale pour soutenir les immigrés car lui-même est enfant d’immigrés. Sans le savoir, je pense que c’est quelque chose qu’ils nous ont inculquée et naturellement, sans se poser de question ou forcer, on a à cœur d’aider les gens sans attendre quelque chose en retour. ”
De cette éducation silencieuse, Lucie en tirera les valeurs qui lui tiennent à cœur aujourd’hui, telles que l’honnêteté, la bienveillance, l’équité, l’altruisme.
C’est sa cousine Émilie, de 6 ans son aînée et dont la famille possède des chevaux, qui lui transmet sa passion.
“ J’ai tanné mes parents pour faire de l’équitation ! J’étais armée de patience et de conviction pour trouver les mots qui les feraient changer d’avis. ”
Jusqu’au jour où elle franchit le poney-club pour la première fois.
Lucie a 9 ans, la peur au ventre de se retrouver face à un animal si grand par rapport à elle, le cœur qui bat d’excitation de pouvoir faire enfin ce qu’elle aime et la fierté d’être déjà dans le dépassement de soi.
“ Je me revois enfant : toujours très excitée à l’idée d’aller au poney, sur la route un peu la trouille et à la fin énormément de fierté d’avoir réussi à faire tout ce qui pouvait m’apporter des angoisses. Quand notre corps et notre cerveau expérimentent ça, plus tard ça nous permet de nous dire que ce n’est pas parce que j’ai peur que je ne suis pas capable de le faire. ”
Celle qui se décrit comme une enfant timide, un peu peureuse et toujours collée à sa maman s’ouvre progressivement aux autres et gagne en confiance.
Tous les cadeaux d’anniversaire et de Noël servent à financer les cours au poney-club, que Lucie ne quitte plus. Elle aide occasionnellement, ce qui lui offre davantage d’occasions de monter à cheval.
“ Mes parents ont divorcé quand j’étais au lycée. C’est une étape de la vie où l’on est en construction et d’un coup, tout s’effondre. Je me suis alors tournée vers les chevaux. J’y passais tout mon temps. Ils m’ont aidée à garder la tête hors de l’eau et je leur en serai éternellement reconnaissante. ”
Au contact des chevaux dont elle prend si soin, Lucie oublie le quotidien, les moments moins joyeux qui l’attendent à la maison. Ils l’aident à rester concentrée, à se donner un objectif.
Découverte de l’équicoaching en famille
Alors que le plan initial était de poursuivre ses études à l’université, Lucie choisit de devenir monitrice d’équitation et travaille dans un poney-club pendant 4 ans, avant de devenir monitrice indépendante afin de ne travailler qu’avec des propriétaires de chevaux. En parallèle, elle est également responsable-adjointe du centre loisirs de sa ville. Un poste et une expérience qui auront un impact sur sa seconde vie professionnelle.
C’est par hasard et grâce à une amie qu’elle découvre l’équicoaching, une discipline pour laquelle elle a un véritable coup de cœur mais qu’elle laisse dans un coin de sa tête, le temps d’accueillir ses deux fils, Albin et Colin.
“ Quand mon second fils a eu un peu plus d’un an, je me suis dit que c’était le bon moment pour se lancer, sauf que j’allaitais encore, donc tout le monde me suivait en formation, qui se déroulait du vendredi au mardi en région parisienne. On passait les week-ends ensemble puis mon mari télétravaillait tout en s’occupant des enfants : c’était un carnage mais ça a surtout été une aventure familiale ! ”
Durant sa formation, elle rencontre une personne avec qui elle décide de s’associer pour créer Déclic Equicoaching. De ce duo éphémère, Lucie en tirera l’un des échecs significatifs de son métier, mais surtout, l’une des meilleures décisions pour son entreprise.
“ Au début, être à deux permet de se rassurer, de gagner en confiance mais très vite, nous avons réalisé que nous n’avions pas les mêmes motivations. Être seule m’a permis de prendre des décisions qui me ressemblent, de rester fidèle à ce que je veux offrir et de faire quelque chose qui soit vraiment à mon image. ”
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la décision était loin d’être évidente et pour trouver ce petit rien qui lui permette de prendre son élan pour se lancer à 100% à son compte, Lucie a fait appel à des ressources… inhabituelles.
Très soutenue par son mari qui lui offre toute la littérature possible sur le sujet, accompagnée par une amie qui a déjà créé son entreprise et qui l’encourage à faire de même, Lucie hésite toujours, passe ses nuits blanches à peser le pour et le contre jusqu’au jour où elle consulte une médium pour savoir si oui ou non, son projet fonctionnera.
Sa réponse : “ Tes guides en ont marre de te mettre pleins de signes sur ton chemin et que tu doutes encore ! ”
C’est dans un fou rire où je crois percevoir un peu de gêne que Lucie me partage cette confidence.
Pourtant, je la comprends.
Je comprends à quel point ça peut être difficile de prendre une décision, que ce soit choisir entre deux desserts ou quitter son emploi pour faire enfin ce qu’on aime.
Je comprends la peur qui fige, les scénarios tous plus catastrophiques les uns que les autres face à cette question qui tourne en boucle : et si ça ne marche pas ?
Je comprends la peur de l’échec, la peur de ne pas savoir quoi faire après.
“ Si nous échouons, ou ne réussissons pas autant que nous le voudrions, nous aurons au moins réussi à essayer. ”1
Pour une fois, si on imaginait le meilleur en se disant, et si ça marche ?
“ Grâce au poney, j’ai été confrontée à la peur, puis à la fierté et aujourd’hui, je suis fière de tout ce parcours même si j’ai toujours peur. ”
S’allier entre entrepreneures pour mieux avancer
Une peur liée à l’incertitude, aux entreprises qui consacrent de moins en moins de budget pour le bien-être de leurs salarié.es alors que la qualité de vie et les conditions de travail sont un enjeu majeur.
Pour y faire face, Lucie a choisi de travailler avec Jeanne Martin, professeure de yoga et avec qui elle anime des ateliers yoga & médiation équine pour le jeune public.
“ Je ne sais pas démarcher les entreprises mais Jeanne, avec qui je m’entends très bien et partage les mêmes valeurs, a très envie de le faire, donc on travaille ensemble pour leur proposer quelque chose. ”
La petite fille timide d’hier aide aujourd’hui les personnes en situation de handicap, les plus petits mais aussi les plus âgés à gagner en confiance, à prendre soin des autres sans s’oublier grâce à la médiation équine.
“ J’ai commencé par faire de la médiation équine en intervenant dans une crèche située dans un EHPAD, qui a tout de suite vu l’intérêt pour ses résidents. Nous avons fait des tests avec Bella qui depuis prend régulièrement l’ascenseur pour aller à la rencontre des résidents ! ”
En parallèle, Lucie travaille également avec les entreprises avec l’équicoaching.
“ En équicoaching, j’utilise la sensibilité du cheval comme miroir de nous, de nos potentiels et de nos compétences. Par exemple, je donne un exercice : tu te fixes un objectif, matérialisé par un cône et il va falloir que tu arrives à emmener le cheval vers ce cône sans le toucher, sans lui parler, juste grâce à toi et comment tu vas réussir à obtenir sa collaboration. Ça te permet de prendre conscience de plein de choses sur cet exercice qui parait simple. ”
Dans un futur proche, Lucie souhaiterait proposer des week-ends bien-être et déconnexion réservés aux femmes, ainsi que des parenthèses enchantées pour les mamans et leurs enfants, où les premières pourraient prendre du temps pour elles, notamment grâce au yoga proposé par Jeanne, tandis que les petits passeraient du temps avec les poneys.
“ Les chevaux ont toujours été un fil conducteur dans ma vie et aujourd’hui, ils se trouvent dans le jardin, c’est un rêve de petite fille et je mesure ma chance tous les jours. ”
Quand j’étais petite, je voulais devenir journaliste ou traductrice littéraire, être celle qui découvrirait le futur Harry Potter.
Je ne serai jamais journaliste mais à 38 ans, j’écris et je fais chaque jour un peu plus ce que j’aime.
Aux alentours de ses 7 ans, ma petite sœur voulait faire de la danse classique mais on lui a dit qu’elle était déjà trop vieille.
À 30 ans, elle a pris ses premiers cours et a adoré.
Au même âge, mon amoureux a partagé son rêve de devenir pilote de F1.
On lui a dit que c’était impossible pour lui et aujourd’hui, rien ne pourra remplacer pleinement cette frustration qui reste comme un goût amer.
À tous les enfants, jeunes et moins jeunes : osez. Faites confiance, faites-vous confiance, expérimentez, ratez, recommencez.
“ Agir, c’est se donner une chance d’avoir de bonnes surprises : c’est se donner une chance d’expérimenter la tendresse du monde. ”2
Si Lucie était :
- Un livre : Le jour où, Illustration: Marko ; Auteur : Béka
- Un plat : du saumon gravlax
- Un lieu : “ J’aime la terre, la forêt, la montagne. Donc tu me mets dans une petite forêt en montagne, ça me va très bien ! ”
Pour réserver une session d’équicoaching :
- Instagram : Declic.Equicoaching
- Site web : declic-equicoaching.com

